Faits et statistiques du gaspillage alimentaire

La situation en chiffres :

Aspect économique

  • En 2010, le coût du gaspillage alimentaire au Canada atteignait plus de 27 milliards de dollars au Canada. Dans une édition plus récente, le Value Chain Management Center a évalué les pertes pour 31 milliards de dollars pour 2014. [1] Cependant, ce ne serait que la pointe de l’iceberg d’après cette étude. Selon certaines estimations le coût réel du gaspillage alimentaire atteindrait plutôt les 107 milliards de dollars si nous incluons certains éléments tels que l’énergie, la main d’œuvre, le transport, l’investissement en capitaux dans l’infrastructure et l’inventaire pour ne nommer que ceux-là.

  • Selon Statistique Canada, les Canadiens et les Canadiennes gaspillent chaque année pour 183 kilogrammes (un peu plus de 403 lbs). Autrement dit, selon les données actuelles cela représente l’équivalent de jeter à la poubelle 771 $ par année par consommateur.  Autrement dit, plus 15 % du panier d’épicerie domestique se retrouve à la poubelle sans être consommé, ce qui représente environ 50 $/semaine par famille.[2] De son côté, le groupe Sauve ta bouffe estime les pertes des ménages peuvent même atteindre entre 1000 $ à 1785 $ par ménage par année.[3] Malgré l’abondance de chiffre et la diversité méthodologique, le gaspillage alimentaire a assurément un impact financier significatif pour les consommateurs, mais également pour tous les groupes de la chaîne d’approvisionnement.

  • Au Canada, plus de 6 milliards de kilos de nourriture ont été perdus ou gaspillés par les consommateurs ou dans le secteur de la vente au détail.[4] Les pertes se chiffrent chez les consommateurs à 13,7 milliards en 2010 et ils ont augmenté depuis à 14,6 milliards de dollars.

    Aspects environnementaux

  • Il a été estimé selon les données mondiales de 2007 que le gaspillage alimentaire est responsable de près de 1,4 milliard d’hectares de terres qui ont été utilisées pour produire de la nourriture non consommée dans le monde. Cela représente une superficie plus importante que l’Inde et le Canada combiné[5]  soit 30 % des terres agricoles mondiales.[6]

  • Selon les données du FAO, l’aspect environnemental du gaspillage alimentaire est l’équivalent de 3,3 Gt (gigatonnes) ce qui est le 3e plus grand émetteur de gaz à effet de serre de la planète après la Chine et les États-Unis.

  • Le gaspillage d’une tonne de nourriture équivaudrait donc à l’émission inutile de 5,6 tonnes de CO2

  • En plus des ressources de la terre qui ont été «  gaspillées » à cause des pertes volontaires de nourriture, les ressources en eaux pour 25 % de la nourriture mondialement produite reviendraient à la consommation quotidienne de 200 litres d’eau par 9 milliards de personnes soit un peu plus que la population mondiale.[7]

L’aspect social : Du gaspillage à l’insécurité alimentaire

  • Au même moment, l’insécurité alimentaire touche des centaines de milliers de personnes partout au pays, voici quelques chiffres selon le Bilan-Faim 2015.[8] Selon les données, 852 137 Canadiens se tournent vers des banques alimentaires chaque mois de ce nombre 35,8 % (305 366) sont des enfants. Les communautés autochtones sont particulièrement touchées par ces questions. Au total, c’est 1,6 million de foyers qui ne peuvent se nourrir sainement chaque année. Le recours aux banques alimentaires est en augmentation de 26 % comparativement à 2008 et de 1,3 % comparativement à 2014.

  • Selon l’étude d’Éric Ménard de l’université de Sherbrooke, les banques alimentaires représenteraient le plus gros récupérateur de nourriture en plus d’offrir gratuitement cette nourriture aux gens souffrant d’insécurité alimentaire. Cependant la récupération n’élimine pas le gaspillage alimentaire à la source.

  • Selon le FAO, nous estimons la perte volontaire de nourriture à plus de 1,3 milliard de tonnes chaque année pendant que 870 millions de personnes sont affamées chaque jour.[9]



[1] DR. V. GOOCH, Martin et DR. FELFEL, Abdel, Value Chain Management Center, ‘’$27 Billion’’Revisited, [En ligne],  http://vcm-international.com/wp-content/uploads/2014/12/Food-Waste-in-Canada-27-Billion-Revisited-Dec-10-2014.pdf (page consultée le 2 mars 2016)

[2] Récupération: cuisiner avec les retailles, publiée le 24 octobre 2013 [En ligne],    http://www.lapresse.ca/vivre/gourmand/cuisine/201310/24/01-4703247-recuperation-cuisiner-avec-les-retailles.php   (page consultée le 22 février 2016)

[3] Sauve ta bouffe, Enjeux collectifs  [En ligne], http://www.sauvetabouffe.org/enjeux-collectifs/ (page consultée le 18 mars 2016)

[4] Statistique Canada, Vue d’ensemble du système agricole et agroalimentaire canadien. P.10

[5] ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE, Hunger in the World, [En ligne], 2014 http://www.fao.org/agriculture/crops/nouvelles-evenements-bulletins/detail/fr/item/20336/icode/1/?no_cache=1 (page consultée le 19 février 2016)

[6] VANS EECKHOUT, Laetitia, Le Monde : 5 questions sur le gaspillage alimentaire, (en ligne), http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/10/gaspillage-alimentaire-les-grandes-surfaces-ne-pourront-plus-jeter_4829076_3244.html

[7] MÉNARD, Éric, Gaspillage alimentaire et insécurité alimentaire; pistes de solution pour lutter simultanément contre deux problèmes majeurs, janvier 2013, p.9

[8] Food Banks Canada, Bilan-Faim 2015, [En ligne],  https://www.foodbankscanada.ca/bilanfaim

[9] FAO Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture, Le gaspillage alimentaire porte atteinte au climat, à l’eau, aux terres et à la biodiversité, [En ligne], http://www.fao.org/news/story/fr/item/196268/icode/