Le gaspillage alimentaire

Si vous êtes comme de nombreux Canadiens, chaque semaine, deux ou trois articles vont directement de votre panier d’épicerie à la poubelle ou au composteur. Le gaspillage alimentaire coûte très cher aux ménages.

Plus préoccupant encore est le fait que la nourriture est gaspillée tout au long de la chaîne de valeur – de la ferme, à l’usine de transformation, à votre assiette. Au Canada, on estime qu’environ 27 millions de dollars de nourriture se retrouvent chaque année dans les dépotoirs ou les sites de compostage. Ce gaspillage a un impact négatif sur le plan social, économique et environnemental. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer pour réduire le gaspillage alimentaire et favoriser des méthodes de production alimentaire plus durables.

En dépit de la quantité d’aliments qui sont jetés chaque année, beaucoup trop de Canadiens ne mangent pas à leur faim. Chaque mois, plus de 800 000 personnes fréquentent les banques alimentaires, 38 % d’entre elles sont des jeunes et des enfants et 11 % sont des membres des Premières Nations. Année après année, la demande est constante.

C’est pourquoi les néo-démocrates ont élaboré une vision pour une stratégie alimentaire nationale. Le gouvernement conservateur a fait campagne en promettant de s’en occuper, mais il n’a pas tenu parole.

Le 6 mai 2012, le Canada est devenu le premier pays industrialisé à recevoir la visite du rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation. Le professeur Olivier De Schutter avait pour mission de déterminer si le droit humain à des aliments adéquats est respecté au Canada. Pendant sa visite de 10 jours partout au pays, il a constaté que de nombreux Canadiens n’ont pas un accès adéquat à des aliments sains et abordables. M. De Schutter a également mentionné les niveaux alarmants d’insécurité alimentaire parmi les communautés des Premières Nations.

Plutôt que de prendre ces observations à cœur, les conservateurs ont préféré lancer des attaques personnelles à l’endroit du professeur De Schutter. Leurs critiques n’ont rien accompli, elles ont été source d’embarras à l’échelle internationale et ont mis au jour le mépris cuisant des conservateurs à l’égard de ce grave problème.

Garantir que les Canadiens ont accès à des aliments sains et abordables est une priorité pour les néo-démocrates. Notre vision comprend une chaîne alimentaire qui relie les Canadiens de la ferme à la fourchette. Nous devons avoir une vue d’ensemble et proposer une approche intégrée à la politique fédérale qui fait le lien entre santé, revenus, agriculture et développement durable. Nous pouvons et nous devons faire mieux : les Canadiens ne méritent rien de moins.

Le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental et un facteur social déterminant de la santé. Mettre l’accent sur une alimentation saine maintenant donnera lieu à une population en meilleure santé plus tard et à une meilleure utilisation des fonds investis en soins de santé.

Chacun de nous peut faire sa part pour réduire le gaspillage alimentaire. Le temps est venu pour le gouvernement de jouer un rôle de chef pour réduire le gaspillage à tous les maillons de la chaîne de valeur. Pour cerner les causes du gaspillage alimentaire et trouver des moyens de régler le problème, il faut prendre en compte toute la chaîne de valeur, et ne pas penser en vases clos. Nous avons besoin d’une vision à long terme qui soit avantageuse pour les producteurs, les transformateurs et les consommateurs.

Il est temps pour les conservateurs de suivre la voie que nous avons tracée.