Lettre ouverte sur le projet d’aérodrome à Saint-Cuthbert

Dernièrement, le ministre des Transports, Marc Garneau, a affirmé qu’il n’interviendra pas dans le dossier de l’aérodrome de Saint-Cuthbert. Pourtant, devant l’opposition grandissante qu’il y a à Saint-Cuthbert et dans la MRC à ce sujet, le ministre devrait intervenir par un arrêté ministériel. L’absence totale d’acceptabilité sociale de ce projet m’amène à croire qu’il n’est tout simplement pas dans l’intérêt public. Comme le stipule l’article 4.31 (1) de la Loi sur l’aéronautique, le ministre peut émettre un arrêté ministériel dans ce contexte. En fait, une pétition de plus de 1500 signatures a été amassée à Saint-Cuthbert et à Saint-Norbert. Par ailleurs, les élus municipaux et provinciaux d’un peu partout dans la MRC de D’Autray, les groupes environnementaux locaux et l’UPA Lanaudière et D’Autray se sont positionnés contre. Ils ont tous soulevé d’importantes préoccupations qui n’ont pas été adéquatement entendues et répondues. À tout cela, s’ajoute l’adoption à l’unanimité d’une motion de l’Assemblée nationale du Québec demandant au ministre des Transports d’intervenir dans le dossier. Je pense que le message est clair, le projet d’aérodrome ne convient pas, Monsieur le Ministre, et vous devez intervenir.
Au-delà de ce seul projet, je suis grandement préoccupée par le processus d’acceptation d’un projet de ce type. Les citoyens et citoyennes de Saint-Cuthbert n’ont eu droit qu’à un processus de consultation arbitraire, partial et vague. Je m’explique. Dans le cadre actuel, l’absence de règles précises par le ministère des Transports fait que tout promoteur peut faire ce qu’il désire et qu’il n’est pas tenu de consulter la population. S’inspirant des exigences du ministre concernant le plus récent projet d’aéroport à Mascouche, le promoteur de l’aérodrome de Saint-Cuthbert a décidé d’y aller avec un processus de consultation volontaire. Dans le contexte de Saint-Cuthbert, comme le promoteur l’a déjà mentionné, ces consultations ont été effectuées, sachant même que l’aérodrome se construira peu importe l’issue de celles-ci. Le promoteur devient donc juge et parti dans ce processus à cause du manque d’encadrement précis dans la loi. Je tiens à rappeler que ce n’est pas le premier projet aéronautique à être aussi controversé au Québec et au pays. Malheureusement, avec les lois actuelles, je crains que ce ne soit pas le dernier non plus. Actuellement, tous les projets peuvent être revus ou arrêtés par le ministre des Transports par un arrêté ministériel. Autrement dit, les projets sont acceptés ou non, selon l’humeur du ministre et aucun processus transparent et indépendant de consultation existe. J’espère que des gestes concrets seront faits par le ministre des Transports, Marc Garneau, afin de répondre aux préoccupations des citoyens comme cela a été fait pour l’aéroport de Mascouche et Terrebonne. Par ailleurs, j’espère que les lois sur l’aviation seront retravaillées rapidement afin de rendre les processus d’implantation d’aérodromes et d’aéroports plus harmonieux avec nos communautés. Pour ce faire, il serait important que les consultations soient effectuées par un tiers indépendant et qu’un rapport soit rendu public avant que soit approuvé un projet d’infrastructure aéronautique dans nos communautés.
En terminant, j’espère que le ministre ira à la rencontre des citoyens de Saint-Cuthbert pour leur expliquer sa décision arbitraire d’aller de l’avant avec un aérodrome qui n’a pas d’acceptabilité sociale et qui n’est pas dans l’intérêt public.